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Image Béret de chasseur alpin

01/02/2013Objet du Mois - Février 2013 - Béret de chasseur alpin

Objet du Mois – Février 2012

Béret de chasseur alpin

« Le Ministre a décidé que les troupes alpines (bataillons de chasseurs et batteries de montagne) feront usage, à titre réglementaire, pendant les marches, les manœuvres et en campagne, d’un béret remplaçant le képi, de bandes molletières et d’un bâton ferré. »

Décision ministérielle relative à la tenue des troupes alpines. Paris, le 24 mars 1889

Un roi à l’origine des diables bleus

Au cours du XIXe siècle, l’évolution des techniques et des armes de guerre pousse l’armée française à se perfectionner.

Louis Philippe IerSur ordre du roi de France Louis-Philippe Ier, son fils, le duc d’Orléans Ferdinand-Philippe, met sur pied, en 1837, une troupe spéciale chargée d’expérimenter les nouvelles armes : « les Chasseurs d’essai ».

Ils reçoivent ainsi comme mission de tester la carabine Delvigne-Pontcharra, arme permettant un tir beaucoup plus rapide et précis.

Louis-Philippe Ier

Renforcée dès 1838, cette compagnie qui devient le « bataillon provisoire de chasseurs à pied » n’est pas destinée à perdurer. Pourtant, elle est envoyée sur le sol africain pour la conquête de l’Algérie et la campagne contre l’émir Abdel-Kader.

Après que le bataillon se soit illustré en Algérie, le roi Louis-Philippe décide de créer le 28 septembre 1840 neuf nouveaux bataillons de chasseurs à pied.

Jusqu’en 1847 et la soumission d’Abdel-Kader, les Chasseurs à pied, surnommés depuis 1842 et le décès accidentel de leur créateur le Duc d’Orléans, les « Chasseurs d’Orléans », se distinguent lors des combats de l’Isly, de la Sidi-Brahim et de l’Oued Guabra.

Bataille de la Sidi-Brahim en 1845

Bataille de la Sidi-Brahim en 1845

En 1853, le nombre de bataillons est porté à 20. Ils sont engagés sur de nombreux théâtres notamment lors de la guerre de Crimée et en Chine.

La spécialisation des chasseurs  

Chasseur cycliste équipe de la bicyclette plianteLors de la campagne italienne, des troupes spéciales sont utilisées en montagne. Elles sont les prémices des futurs chasseurs alpins créés le 14 décembre 1888. A leur création, ils sont chargés d’opérer et de surveiller les frontières dans les régions montagneuses.

Chasseur cycliste équipé de la bicyclette pliante « Gérard »

En 1903, des compagnies cyclistes de chasseurs sont créées et sont équipées de la bicyclette pliante « Gérard » spécialement adaptée à un usage militaire. Elles seront toutes dissoutes en 1929.

Au cours de la Grande Guerre, les bataillons de chasseurs, surnommés les « Diables Bleus » sont auréolés de succès malgré les pertes nombreuses. Dans leurs différentes citations, on reconnaît leur héroïsme et leur abnégation lors des combats.

Le Lieutenant-Colonel Driant (au centre) au milieu de ses chasseurs

Le Lieutenant-Colonel Driant (au centre) au milieu de ses chasseurs

Dans l’entre-deux-guerres, les chasseurs d’active participent aux combats du Rif au Maroc et effectuent des missions périlleuses en Haute-Silésie.

En 1937, sont constitués des « Bataillons portés de Chasseurs à Pied » sur engins blindés, en vue de former ultérieurement l'Infanterie des futures Divisions Cuirassées.

Pendant la campagne de mai-juin 1940, ils se révélèrent impuissants à endiguer l’avancée allemande malgré leur vaillance.

Depuis 1945, les bataillons de chasseurs existent toujours au sein de l’armée française. Aujourd’hui, on ne dénombre plus qu’un bataillon de chasseurs à pied (16ème BCh) et trois bataillons de chasseurs alpins (7ème, 13ème et 27ème BCA).

La tenue des chasseurs

Chasseur à pied du Second EmpireDepuis leur création, la tenue des chasseurs à pied a relativement peu changé. Dès 1837, les chasseurs souhaitent se distinguer de l’infanterie. Ils optent pour une tunique de forme nouvelle et choisissent la couleur bleu foncé, jugée peu discernable par l’ennemi. L’uniforme est complété par un ceinturon de cuir noir supportant la giberne et le porte-baïonnette.

Chasseur à pied du Second Empire

Coupe et coiffure des chasseurs suivront l’évolution de la mode militaire française mais la couleur reste immuable comme les passepoils et galons de troupe couleur jonquille ainsi que les épaulettes vertes et les boutons argentés frappés du cor, emblème des chasseurs.

Avec la spécialisation de certains bataillons en troupes alpines, les tenues des chasseurs connaissent une première variante. Ces dernières adoptent des bandes molletières bleu foncé, une ceinture de flanelle, une vareuse dolman à col rabattu, une pèlerine à capuchon ainsi que le -devenu célèbre- béret béarnais. Baptisé aussi la « tarte » ou encore la « galette », ce couvre-chef est orné de l’emblème des chasseurs couleur jonquille : le cor.

Lors de la Grande Guerre, les uniformes ne changent pas. Les chasseurs à pied portent le képi tandis que les chasseurs alpins sont couverts de la tarte. Les chasseurs cyclistes, créés en 1903, sont équipés de la tenue alpine sans le béret, remplacé par le képi des chasseurs à pied.

Chasseur alpin de 1916 du 14e BCAChasseur alpin de 1916 du 14e BCA

Depuis, la seule évolution notable de l’uniforme est l’instauration du port du casque blindé à frontière de cuir en 1937. Ainsi, depuis leur création et malgré leurs évolutions, les chasseurs ont gardé leur tenue bleu jonquille au cours des nombreux conflits et époques qu’ils ont connus. Les changements au sein de leur tenue ont évolué suivant la mode militaire.

Aujourd’hui, les chasseurs alpins sont toujours différenciables à leur célèbre tarte. Cette coiffe est portée par toutes les unités des troupes de montagne à l’exception des sapeurs du 2ème Régiment Etranger du Génie de la Légion Etrangère.

Adopté dès 1891 par le Ministre de la Guerre, le béret béarnais, en laine bleue foncé, est tricoté d’une seule pièce et comporte un bourrelet de tour de tête qui doit être rentré à l’intérieur lors de son port. Devenue l’emblème des chasseurs, la tarte alpine est ornée d’un cor de chasse, insigne des chasseurs. A l’origine porté par les bergers béarnais, sa grande taille permet de se protéger du soleil, de la pluie et du vent glacial des montagnes. Certains chasseurs s’en serviront même pour glisser leur pied à l’intérieur lors de grands froids et de bivouac. Très répandue aujourd’hui dans le monde entier, cette coiffure militaire possède des couleurs et des insignes variés avec des manières de le porter très codifiées.

Béret de chasseur alpin

Les collections du Mémorial de Verdun comportent un béret de chasseur alpin. D’un diamètre de 33,5 centimètres, cette galette date d’avant la Première Guerre mondiale. L’insigne des chasseurs, couleur jonquille a été cousu sur le béret.

Cet objet est à découvrir…
…au Mémorial de Verdun
1 avenue du Corps Européen
55100 Fleury-devant-Douaumont
Tél. : 03 29 84 35 34
Web : www.memorialdeverdun.fr

Remerciements :

Natacha Grosbois et Florian Hensel, Mémorial de Verdun

Par Jean-Bernard LAHAUSSE et Romain SERTELET

Décembre 2012/
Janvier 2013 
 Mars 2013

Chemise rouge

Objet

du

Mois

Uniforme d'infirmière

Chemise
rouge
 
 Uniforme
d'infirmière

Crédit Photos : Louis-Philippe Ier - © Palais de Versailles
Le combat de Sidi-Brahim par Louis-Théodore Devilly - © DR
Chasseur cycliste - © leforumlafigurine.com
Emile Driant et ses chasseurs - © DR
Chasseur à pied du Second Empire - © http://club-acacia.over-blog.com
Chasseur alpin de 1916 - © http://www.bca27.terre.defense.gouv.fr
Béret de chasseur alpin - © Collection Mémorial de Verdun

 

Ressources

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