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Image Ossuaire de Douaumont

01/08/2010Monument du Mois - Août 2010 - Ossuaire de Douaumont

Monument du Mois - Août 2010

L'Ossuaire de Douaumont

Très étiré par son immense cloître, il mesure 137 m de long. En sous-sol, des fosses reçoivent les ossements anonymes. Elles sont surmontées dans le cloître de sarcophages de granit rouge qui correspondent aux différents secteurs du champ de bataille de Verdun. Deux caveaux sont ajoutés aux extrémités pour porter à 1 200 m3 le volume total destiné à environ 130 000 restes de soldats français et allemands. Au-dessus de chacune de ces deux fosses, un massif bouclier de granit entretient la Flamme du Souvenir les jours de cérémonie. Sur les pierres de la voûte basse, les familles ont fait graver les noms de leurs disparus et les associations de combattants une dédicace de reconnaissance.

La façade principale est dépouillée, seulement décorée des armoiries des villes qui ont contribué à l'exécution du monument. Au sommet de la tour de 46 m qui porte la Lanterne des Morts éclairant le champ de bataille, une cloche de bronze de 2 042 kg et un panorama sur tout le champ de bataille complété par une table d'orientation.

Dans la chapelle, les fenêtres sont garnies de vitraux de conception moderne du peintre Desvallières, maître de l'art sacré. En 1927, celui-ci expose au Salon des Tuileries à Paris les six cartons des vitraux destinés à l'Ossuaire : le Sacrifice, l'Offrande des épouses et des mères, la Rédemption, l'Ascension, les Infirmières, les Brancardiers. Ces oeuvres renouvellent le genre par un style moderne. Les couleurs heurtées, les traits tourmentés des personnages sont le reflet du chaos du champ de bataille. Les vitraux seront réalisés par le verrier Hébert-Stevens.

Les statues religieuses sont d'Elie-Jean Vézien (Saint Joseph, Sainte thérèse, Sacré-Coeur, Jeanne d'Arc, Pietà). Elles expriment l'espérance forte en un avenir sans haine et une humanité en quête d'absolu.

Devant l'Ossuaire s'étend l'immense nécropole nationale où ont été regroupés 16 142 soldats français dont 6 de 1939-1945. Parmi les tombes, 592 stèles de soldats musulmans de l'empire colonial.

Ossuaire de Douaumont

Les architectes

En 1923, le concours de l'Ossuaire est remporté par un trio d'architectes qui travailleront ensemble sur d'autres projets en Egypte : Léon Azéma, Max Edrei et Jacques Hardy. Le principal concepteur du monument est Léon Azéma (1888-1978), ancien combattant de 1914-1918 qui a passé cinq ans en captivité après une blessure au début de la guerre. En 1921, il est premier Grand Prix de Rome et conçoit le Palais de Justice du Caire. A la fin des années vingt il est nommé architecte de la Ville de Paris. Dans les années cinquante, il dessine le plan de la Maison de la Radio conçue par Henry Bernard.

Ossuaire

Dans l'Ossuaire de Douaumont, Léon Azéma démontre toute son admiration pour l'art roman. C'est aussi un défi lancé aux ingénieurs qui doutent alors de pouvoir assurer la stabilité du bâtiment. Pour le vérifier, sa conception exigera une épure pierre par pierre.

La naissance du tombeau des anonymes

Au lendemain de l'armistice de 1918, l'évêque de Verdun Monseigneur Ginisty, arpente le champ de bataille. Saisi par ce qu'il voit, il ne peut concevoir qu'on abandonne « à la désolation ce désert peuplé de morts, jonché de cadavres desséchés ». Avec le soutien du général Valantin commandant la place et de la princesse de Polignac, veuve de guerre, il décide de lancer l'édification d'un sanctuaire destiné à recueillir les ossements épars des soldats. De 1919 à 1932, des fonds sont récoltés pour la construction de l'Ossuaire. 122 villes françaises font preuve de générosité, mais aussi 18 villes étrangères. En 1925, le Canada apporte sa généreuse contribution, les Etats-Unis sont sollicités en 1928. L'Ossuaire de Douaumont est donc un monument national et international. La première pierre est posée en 1920 par Philippe Pétain. En 1927, a lieu la cérémonie solennelle du transfert des premiers cercueils d'ossements depuis la chapelle provisoire jusqu'au monument en construction. Enfin, le 7 août 1932 voit l'achèvement de l'Ossuaire inauguré par le président de la République Albert Lebrun et Philippe Pétain.

Un des lieux de la réconciliation franco-allemande

Le 22 janvier 1963, le traité de l'Elysée entre le Chancelier Adenauer et le Président de Gaulle marque la réconciliation officielle entre la France et l'Allemagne. Les deux Etats se retrouvent pour un acte fort de commémoration, le 22 septembre 1984, lorsque main dans la main, le Chancelier Kohl et le Président Mitterrand réaffirment l'amitié franco-allemande devant l'Ossuaire de Douaumont. Ils rendent hommage aux combattants français et allemands symbolisés par les restes anonymes mêlés dans les caveaux de l'Ossuaire.

Une plaque commémorative de bronze, fixée en surplomb de la nécropole de Fleury devant l'Ossuaire, rappelle la journée du 22 septembre 1984 marquant l'amitié entre la France et l'Allemagne.

L'arboretum Mitterrand-Kohl : le 22 septembre 1984, dans le cadre de la rencontre organisée par l'Office franco-allemand pour la Jeunesse, une centaine de jeunes Français et Allemands ont planté des érables sycomores en symbole de l'amitié entre les deux pays.

Pour en savoir plus :

http://www.verdun-douaumont.com/ 

Rubrique écrite par Franck MEYER,
chargé de mission à la Mission Histoire


Juillet 2010
Septembre 2010

Monument Juillet 2010

Monument

du

Mois

Monument Sept 2010

Eglise
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 Monument
Victor Schleiter
à Marbotte

 à Verdun

Ossuaire de Douaumont - © Mission Histoire

 

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